2026 : tenir le cap, renforcer les liens
À l’aube de 2026, l’Acap – pôle régional image en Hauts-de-France réaffirme son engagement en faveur d’un cinéma accessible, exigeant et ancré dans les territoires. Dans un contexte de fragilités économiques, sociales et culturelles qui traverse l’ensemble de la filière, Pauline Chasserieau, directrice générale, partage ici les grandes orientations qui guideront l’action de la structure pour l’année à venir : soutien aux publics et aux territoires, accompagnement des acteurs, mise en réseau et expérimentation de nouveaux modèles au service de la diversité des images et des imaginaires.
L’équipe de l’Acap aborde l’année 2026 avec énergie, enthousiasme et conviction, portée par une ambition inchangée : rendre accessible la culture, à travers le cinéma, au plus grand nombre et sur l’ensemble des territoires des Hauts-de-France. Dans un contexte d’incertitudes qui fragilise l’ensemble de l’écosystème – de la création à l’éducation aux images –, l’Acap réaffirme son rôle de pôle ressource, de soutien et de mise en réseau des acteurs, fidèle à ses valeurs de diversité, de coopération et de liberté de création.
Face à ces défis, l’Acap sera au rendez-vous.
Les publics sur les territoires : le cœur de notre action
À travers le soutien à la diversité des films, le développement d’actions culturelles dans les salles et la coordination d’une quinzaine de programmes d’éducation artistique aux images, l’Acap déploie une stratégie territoriale fondée sur l’adaptation aux publics et aux réalités locales.
Cette pluralité de cadres et de modes d’intervention porte des enjeux sociétaux forts :
développer la curiosité et l’appétence pour un cinéma varié afin d’affermir la conscience d’un monde multiple, cosmopolite ; accompagner l’exercice d’une vision subjective et d’une pensée personnelle ; appréhender le cinéma comme une expression artistique pour comprendre les mécaniques de création et se saisir des images et des sons, avec plus de sens.
Ce véritable festival permanent territorial, qui verra l’émergence de plus de 1 000 actions, s’inscrit comme chaque année en priorité dans les zones les moins pourvues en offres culturelles. Il s’incarnera à travers des expériences d’écriture et de récit avec Raconte-moi ta vie ou Écris ta série ; de parcours au cœur des salles de cinéma avec les Jeunes Ambassadeurs ; de découvertes cinéphiles et artistiques avec Lycéens et apprentis au cinéma ; de mises en réseau d’écoles avec le Festival des écoles à Étouvie ; ou encore de réalisations d’objets filmiques à travers Des regards des images, Petit à petit le cinéma, les ateliers PEPS ou Passeurs d’images et bien d’autres…
Mettre une caméra entre les mains d’un jeune, ce n’est pas lui apprendre un métier. C’est lui donner les moyens de renverser le flux, de reprendre la main sur sa propre représentation du monde, de passer du statut de consommateur passif à celui d’auteur actif.
Cette ambition se décline également à travers la poursuite du programme Singulier Pluriel, destiné aux jeunes en situation de handicap, qui s’enrichit cette année d’un nouveau partenariat avec l’ITEP de Saint-Just-en-Chaussée. Elle se prolonge enfin par l’organisation d’un nouveau temps régional : une journée dédiée aux participants du Défi Écris ta série, en partenariat avec Séries Mania.
Soutenir et accompagner l’écosystème des acteurs
Le soutien aux opérateurs de la filière de l’action culturelle et éducative cinéma constitue une priorité forte pour l’Acap, dans la continuité des années précédentes.
Face aux enjeux rencontrés par les établissements cinématographiques, l’Acap adapte ses programmes afin d’accompagner les exploitants dans les défis du moment. Son action s’articule autour de deux axes complémentaires :
– le soutien à la diversité de la programmation et aux politiques d’animation des lieux ;
– la mise en œuvre de programmes structurels au service des établissements.
Ce second axe se traduira notamment par la poursuite de Cinémas en mouvement, visant à réduire l’empreinte carbone des trajets liés aux sorties en salle, par l’accueil de formations professionnalisantes approfondies en partenariat avec La Fémis, et par un accompagnement renforcé des cinémas rencontrant des difficultés.
En 2026, les dynamiques de mise en réseau des acteurs resteront particulièrement prégnantes, à travers des rendez-vous structurants et essentiels : la rencontre régionale des coordinations Ma classe au cinéma et des institutions partenaires en février, la rencontre des anciens de La première des marches en mars ou encore la réunion annuelle des intervenants artistiques de l’Acap en septembre.
Ces démarches seront complétées par une nouvelle action dédiée aux médiateurs et médiatrices à l’échelle nationale, dans le cadre d’une mise en réseau permanente co-organisée avec De la suite dans les images, le GRAC et CINA, avec le soutien du CNC. Les Rencontres de la médiation, prévues en juin à Dunkerque, en constitueront le point d’orgue.
L’année sera également marquée par un effort accru de formation et de sensibilisation des relais des actions. Rencontres, formations, ressources et temps d’information jalonneront la saison afin de renforcer l’adhésion et la compréhension des enjeux de l’EAC auprès des enseignants, animateurs, éducateurs, médiathécaires ou coordinateurs intervenant en milieu carcéral. À ce titre, l’Acap accompagnera la DRAC et le DISP dans l’organisation d’un séminaire culture-justice consacré au cinéma.
Les associations cinéma, les artistes et les festivals demeureront enfin au cœur du programme, à travers des partenariats et collaborations nombreux et structurants.
Un laboratoire régional pour accompagner les défis du secteur
Face aux défis économiques, numériques, sociologiques, écologiques et territoriaux à l’œuvre, il apparaît essentiel de déployer une expertise solide, capable d’éclairer les problématiques du secteur et de favoriser la réinvention de nos modèles.
Dans cette perspective, l’Acap investira plus particulièrement trois champs :
- l’observation des enjeux sectoriels, à travers des éditions, le partage de données et d’expertises sur l’exploitation cinématographique et l’éducation aux images, ainsi que par une présence active au sein des organisations professionnelles et des réseaux régionaux et nationaux ;
- la transition écologique, via l’accompagnement des acteurs du cinéma, à travers Cinémas en mouvement, des programmations dédiées aux enjeux environnementaux et une implication dans différents groupes de travail ;
- les pratiques numériques et la création artistique, afin d’expérimenter de nouvelles formes d’éducation aux images et de médiation fondées sur les convergences entre les médiums, l’hybridation des images, et les sujets de société impactant les imaginaires des jeunes. La participation au programme d’incubation Futura Cinema en constitue un exemple.
L’échelle territoriale demeure pour l’Acap un espace privilégié de réinvention et d’expérimentation, où la culture est envisagée comme un moteur de développement. À la croisée des politiques d’aménagement, de cohésion sociale, de développement durable, d’éducation, de petite enfance et de droits culturels… nous avons collectivement une partition ambitieuse à jouer. C’est dans cet esprit que l’Acap poursuivra son engagement en 2026, aux côtés de l’ensemble des acteurs de la région et de ses partenaires institutionnels.