Acap – pôle régional image

récit d’une journée dans le parcours La première des marches

Passer de l’idée d’un court métrage à un dossier professionnel prêt à rencontrer des producteurs et productrices peut sembler un sommet inaccessible. À l’Acap, le dispositif La première des marches accompagne les jeunes talents sur un parcours d’un an, en lien avec des professionnels du cinéma. Mais à quoi ressemble une journée type dans ce dispositif ?

Structurer son projet et se professionnaliser

Pendant douze mois, les auteurs et autrices bénéficient d’un parcours labellisé Talents en court par le CNC : écriture de scénario, tutorat artistique, suivi du dossier de production, préparation au pitch, rencontres professionnelles et participation aux festivals. Le travail collectif est central : chaque projet est discuté par le groupe et les intervenants, favorisant l’émulation, le partage d’expertise et la création d’une véritable dynamique de groupe.

“Le travail collectif m’a énormément aidé pour écrire. Cela permet de voir plusieurs points de vue et de perfectionner son scénario.”

Arthur, ancien participant.

Des rendez-vous individuels viennent compléter ce travail  : approfondir l’écriture, affiner le rythme des dialogues, clarifier la note d’intention. À mi-parcours, un entretien avec un producteur ou une productrice permet d’évaluer la cohérence artistique et la faisabilité du projet. Le parcours se conclut par un bilan tourné vers les perspectives à venir.

“La méthodologie sur le montage du dossier m’a permis d’obtenir des aides financières. Je suis sortie de l’état d’élève pour devenir réalisatrice.”

Louise, ancienne participante.

Une journée type

9h15 – Arrivées et mise en route
Café ou thé, échanges et mise en route pour une journée dense.

9h30 – Cadre et objectifs
Tour de table pour poser le cadre et les objectifs. En début de parcours, l’accent est mis sur les fondations du projet avant d’entrer dans la constitution du dossier et l’apprentissage du pitch.

10h – 13h – Travail approfondi et retours détaillés
Les dossiers, lus en amont par l’ensemble du groupe, sont discutés collectivement en présence des intervenantes Delphine Schmit (productrice, Tripode Productions) et Chloé Larouchi (scénariste), ainsi que de la coordinatrice de l’Acap, Dorien Heyn Papousek. Les retours, exigeants mais argumentés, peuvent être délicats à entendre, notamment lorsque les projets abordent des sujets intimes. Cette proximité avec la matière abordée permet aussi une grande justesse dans les dialogues et les situations cinématographiques proposées, mais surtout aide l’auteur, l’autrice à faire émerger l’enjeu du film. En quoi son film serait différent de tous les autres film sur le même sujet.

“Ce qui a été vraiment bien était la relecture des intervenants. Désormais, je sollicite beaucoup plus un œil extérieur pour mieux construire mes propos.”

Paul, ancien participant

Les participants notent également les conseils et références (films, ouvrages, articles) transmis après chaque séance. L’ordre de passage change à chaque rencontre pour s’adapter à la disponibilité et à la concentration de chacun.

13h – 14h – Déjeuner partagé
Un moment convivial… mais toujours riche en échanges sur les projets et expériences de chacun.

14h – 17h30 – Professionnalisation et connaissance du milieu
L’après-midi est consacré à la professionnalisation : approfondir la rédaction du dossier de production, travailler la relation production-cinéaste, explorer le paysage cinéma et audiovisuel régional et national.

“J’ai une meilleure connaissance de comment fonctionne le milieu, des relations entre l’auteur et le producteur, et de ce qu’il faut faire pour que le projet trouve son producteur. Cela m’a aussi permis d’approfondir ma connaissance de l’écosystème régional et national.”

Hugo, ancien participant

Les participants apprennent à créer un pont entre eux et le lecteur, à structurer un scénario compréhensible par tous et à acquérir les codes du dossier de production.

“J’ai acquis les codes du dossier de production, un lexique qui me faisait défaut, mais surtout j’ai pris conscience de la nécessité de poser à l’écrit mes intentions de manière claire.”

Paul, ancien participant

17h30 – Retour chez soi, projet en mouvement
Les participants repartent avec de nouvelles références à explorer et une étape d’écriture à poursuivre : caractériser les personnages, préciser l’ancrage émotionnel ou clarifier la trajectoire du récit. Le travail commence vraiment… avec l’élan collectif déjà là.

“Cela nous force à avoir une certaine rigueur, puisqu’on doit sans cesse rendre quelque chose. Avant le dispositif, j’attendais que l’inspiration vienne. Maintenant j’écris tous les matins, même si je ne suis pas inspirée.”

Julie, ancienne participante

Pour aller plus loin