Passeurs d’images : des territoires qui donnent envie de cinéma
Comment donne-t-on envie de cinéma ? Cet été, les ateliers Passeurs d’images déployés dans les Hauts-de-France montrent que l’envie naît souvent de l’expérience : écrire, filmer, débattre, créer ensemble, rencontrer des professionnels ou raconter son territoire. À travers ces projets, le cinéma devient un moyen d’agir, de s’exprimer et de rencontrer les autres.
Le cinéma comme point de départ
À première vue, les projets de l’été ont peu de choses en commun. À Airaines, des jeunes réalisent un film autour de la santé mentale. À Amiens, Initi’elles poursuit un travail sur les médias et les réseaux sociaux avant un échange franco-allemand. Dans les Villes Sœurs, un camp cinéma est consacré au film d’animation en lien avec le festival local. À Flavacourt, théâtre et cinéma dialoguent au cœur d’un projet de création. À Creil, les participants découvrent les métiers du cinéma avant de programmer eux-mêmes une séance.
Pourtant, tous poursuivent la même ambition : faire du cinéma un terrain d’expérimentation. Derrière chaque atelier se cache un sujet de société, un territoire à raconter, une aventure collective ou une rencontre à provoquer. Le cinéma n’est pas seulement l’objectif ; il devient un langage pour comprendre le monde et y trouver sa place.
Cet été, 9 structures ont accueilli ainsi 16 ateliers, représentant 64 journées d’intervention, partout en Hauts-de-France.
À Saint-Just-en-Chaussée, le cinéma accompagne les parcours de vie
Au cinéma Jeanne Moreau, cette conviction prend une forme très concrète. En partenariat avec la Mission Locale Rurale du Grand Plateau Picard, le projet s’adresse à des jeunes de 16 à 25 ans engagés dans un parcours d’insertion.
Le programme alterne écriture scénaristique, réalisation d’un court métrage, découverte de films de fiction et de documentaires en salle, puis échanges avec le médiateur du cinéma. L’aventure se conclura par une soirée ouverte au public : les participants présenteront leur film, animeront un ciné-débat avec un professionnel et représenteront leur projet lors des Rencontres régionales Passeurs d’images.
Ici, apprendre à filmer, c’est aussi apprendre à travailler en équipe, à prendre la parole, à porter un projet jusqu’à son aboutissement et à gagner en confiance. Le cinéma devient un outil d’expression autant qu’un levier d’émancipation.
Quand l’expérience donne envie de revenir
Le plus révélateur est peut-être ce qui se passe après les ateliers. À Saint-Just-en-Chaussée, plusieurs jeunes ayant participé au projet l’an dernier sont aujourd’hui devenus ambassadeurs du cinéma Jeanne Moreau. L’un d’eux effectuera même prochainement un stage au sein de la salle.
Cette histoire résume ce que cherchent les projets Passeurs d’images : créer un lien durable entre le cinéma et les habitants. Non pas en demandant aux jeunes de devenir immédiatement des spectateurs assidus, mais en leur donnant une place dans une aventure collective. Car l’envie de cinéma naît souvent là : lorsqu’on découvre que derrière les films, il y a des histoires à raconter, des personnes à rencontrer et un lieu dans lequel on se sent attendu.
>> Si vous souhaitez participer à l’aventure Passeurs d’images : l’appel à partenariats est dès à présent ouvert pour les projets 2027.


