Portrait de Christine Duquesne
Une directrice de casting passionnée et incontournable des Hauts-de-France
La direction de casting, métier de réseau et d’opportunités, reste peu connu du grand public. Christine Duquesne, directrice de casting incontournable des Hauts-de-France, nous fait découvrir les coulisses de son travail passionné, exigeant et créatif.
Du rêve de cinéma à la direction de casting
Après des études à l’ESEC et un premier court métrage réalisé avec des étudiants du BTS Jean Rostand à Roubaix, Christine Duquesne décide d’orienter sa carrière dans la filière cinématographique. Le destin lui ouvre rapidement les portes : Yolande Moreau la contacte pour son premier film Quand la mer monte, tourné en partie à Béthune, où Christine résidait alors.
Sa mission ? S’occuper de la figuration, en ruse et stratégie pour que tout se déroule parfaitement. Cette première expérience, riche et formatrice, lui permet de découvrir l’envers du décor et de « mettre le pied à l’étrier ».
Pendant plusieurs années, elle exerce deux métiers proches mais distincts : directrice de casting, en charge des rôles principaux, et cheffe de file ou chargée de figuration. Depuis dix ans, elle se consacre pleinement aux castings de rôles, en binôme avec l’équipe CASTING NORD FRANCE, entourée de Marie Abidine et Maxence Dumesnil.
Une carrière riche en rencontres et collaborations
Avec plus d’une centaine de films à son actif, Christine a travaillé avec de nombreux réalisateurs, dont Jean-Xavier de Lestrade, Yolande Moreau et Lucas Belvaux, avec qui elle entretient une fidélité et une complicité particulières.
Pour elle, comprendre le cinéaste, ses attentes et sa vision artistique est essentiel. « Cette étape préliminaire est primordiale », explique-t-elle. « Il s’agit de savoir ce qu’il projette pour chaque personnage et comment y répondre au mieux. »
Le processus de casting, de l’écriture à l’écran
Le travail commence par la lecture et le dépouillement du scénario, étape où Christine répartit les rôles entre Paris (têtes d’affiche) et Lille (majorité des rôles). Elle dresse ensuite une liste de personnages et associe des acteurs potentiels, en puisant dans son carnet d’adresses constamment enrichi.
Pour certains profils spécifiques, comme « une comédienne d’origine géorgienne sachant chanter », elle publie une annonce sur la page professionnelle CASTING NORD FRANCE.
« Cette réflexion d’avant casting est un jeu de construction artistique. Je dois proposer des profils larges, diversifier et parfois surprendre. C’est la partie créative du métier, et j’adore ! »
Les auditions se déroulent à l’agence France Travail de La Madeleine, près de Lille. Christine fait passer les rôles avec un comédien qui donne la réplique, créant parfois des moments très drôles ou cocasses, mais toujours dans la complicité et la discrétion.
Ensuite vient le dérushage, suivi de la sélection envoyée au cinéaste. Puis le callback permet aux réalisateurs et réalisatrices de rencontrer les candidats, échanger et valider le choix final avant le tournage. Une fois le casting finalisé, Christine transmet les informations pratiques au directeur de production.
Les défis et les qualités requises
Le métier impose des délais souvent serrés et nécessite d’être organisé, réactif et sensible aux profils artistiques.
« C’est un métier où il vaut mieux avoir du sang-froid, rester calme et à l’écoute »
Il n’existe pas d’école spécifique pour devenir directrice de casting. Le parcours débute généralement comme chef de file, puis assistant de casting, avant de se spécialiser. Chaque trajectoire est unique, et l’apprentissage se fait avant tout sur le terrain.
Christine travaille en moyenne sur 4 à 5 projets par an. Si 2025 a été une année difficile économiquement, 2026 s’annonce excitante avec l’un de ses plus gros castings : plus d’une cinquantaine de rôles à distribuer pour une série à découvrir sur Arte.
Pour aller plus loin
- Association des directeurs de casting
- Casting et inclusion
- Découvrez d’autres témoignages de professionnels du cinéma
Entretien réalisé par l’Acap le 23 décembre 2025.