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PORTRAIT DE CINÉPHILE

Pour ce nouvel épisode, Ilaeira Misisrliadi, animatrice technique de films d’animation à Lille et participante à La première des marches, évoque pour nous plusieurs souvenirs liés aux 7ème art, que ce soit la naissance de sa passion pour l’animation ou encore sa boulimie de cinéma. Ilaeira nous raconte sa manière de voir les films et nous emmène dans son pays natal, la Grèce.

Ilaeira Misisrliadi a 25 ans. Elle est une des lauréates de notre dispositif d’accompagnement des aspirants auteur-réalisateur, La première des marches #6.

Ta première séance de cinéma ? 

Mes premiers souvenirs de cinéma se passent en été, dans un cinéma de plein air « La Mariana », comme il y en a beaucoup à Athènes. Enfant, je trouvais ce cinéma très beau, placé au bord de la mer. Il avait aussi un restaurant et chaque fois que nous allions au cinéma en plein air, mes parents et leurs amis allaient y manger tranquillement et envoyaient les enfants voir des films. De cette manière j’ai vu tous les dessins animés qui passaient, qu’importait la qualité. Quand j’étais petite, j’ai été carrément obsédée par Pokemon, j’ai vu plein de films !  Et puis il y a eu une séance d’un autre film qui m’a beaucoup touché, aussi en plein air. J’avais cinq ans et nous étions avec un groupe d’enfants pour voir le film d’animation Dinosaure. Face à la mer, nous nous éclations entre copains, au milieu d’une histoire terrifiante d’animaux qui se battaient pour leur survie ! Je me rappelle la séance comme si c’était hier, avec ses multiples pauses au milieu du film, souvent très mal découpés d’ailleurs, pendant lesquelles je suis partie acheter du pop-corn exactement au moment où le film a redémarré…

 Tu aimes aller au cinéma seule ou accompagnée ? 

J’aime définitivement aller au cinéma accompagnée. Quand j’étais jeune ado au collège, j’y allais tous les vendredis avec mes amies, peu importe ce qui passait au cinéma. C’était avant la crise économique en Grèce et c’était l’époque où l’on pouvait encore se le permettre. On a vu de tout, des films très bons, des films très nuls et aussi des films qui n’étaient pas du tout de notre âge. Je pense par exemple au film Canine, que j’ai vu à 13 ans et avec les copines on ne se sentait pas bien après, ce film dépassait largement notre compréhension du monde. 

Déjà petite et encore maintenant, j’aime parler pendant que je regarde le film, avec mes amis et cela énerve tout le monde ! Je vis le film à fond, j’ai besoin de partager mes émotions, mes impressions : « ah tu as vu ce qu’il a fait…! »

Ton meilleur souvenir en salle de cinéma ? 

Définitivement mes souvenirs sont liés aux films d’animation ! Un de mes meilleurs souvenirs de cinéma, c’est le film Les Triplettes de Belleville. Le bon souvenir n’est pas seulement le moment où j’ai vu le film, mais aussi ce qu’il a représenté par la suite. La séance c’était avec mes parents et mon petit frère qui avait cinq ans, moi j’en avais huit. On a tous adoré Les Triplettes, alors que ce film n’est vraiment pas fait pour les enfants, il peut faire très peur. Très rapidement il est devenu notre film fétiche à mon frère et moi. On avait le dvd à la maison et on le regardait tellement souvent en rejouant toutes les scènes, en chantant les chansons qu’on connaissait tout par cœur. 

 Ta place préférée en salle ? 

Quand je peux choisir, je m’installe au cinquième rang en partant du bas et à la place le plus au milieu possible.  

L’horaire idéal pour aller au cinéma ? 

J’aime les séances entre 21h et 23h pour ensuite boire un verre avec ceux avec qui j’ai vu le film. Mais pour le cinéma de plein air, c’est mieux entre 23h et 01h du matin, sinon tu ne vois pas bien le début du film parce qu’il y a trop de lumière du jour. 

Comment choisis-tu le film ? 

Je me laisse surtout guider par les copains qui me racontent des films qu’ils ont vus et par les articles dans les journaux, les synopsis. Mais je ne regarde surtout pas les bandes annonces parce que je n’aime pas être « spoilée » !